Propositions pour une meilleure maîtrise des langues vivantes étrangères

Jean-Michel Blanquer a reçu d’Alex Taylor, journaliste et de Chantal Manes-Bonnisseau, inspectrice générale de l’éducation nationale un rapport "Propositions pour une meilleure maîtrise des langues vivantes étrangères, oser dire le nouveau monde", le 12 septembre 2018. Ces propositions visent à dynamiser l’apprentissage des langues étrangères tout au long de la scolarité. Nous en proposons un résumé ci-dessous :

Article mis en ligne le 3 janvier 2020

par Fatih Bouguerra

Propositions pour une meilleure maîtrise des langues vivantes étrangères
Rapport - 12/09/2018

Jean-Michel Blanquer a reçu d’Alex Taylor, journaliste et de Chantal Manes-Bonnisseau, inspectrice générale de l’éducation nationale un rapport "Propositions pour une meilleure maîtrise des langues vivantes étrangères, oser dire le nouveau monde", le 12 septembre 2018. Ces propositions visent à dynamiser l’apprentissage des langues étrangères tout au long de la scolarité. Nous en proposons un résumé ci-dessous :

UN BILAN DE DEPART :

Les élèves se sentent aujourd’hui plus à l’aise pour s’exprimer à l’oral, sont plus motivés, perçoivent mieux le sens de l’apprentissage des langues, particulièrement de l’anglais, et comprennent plus facilement les locuteurs natifs et les documents authentiques à partir desquels ils travaillent.
Cependant, la France arrive bien au dernier rang des pays européens quant à la maîtrise des langues étrangères enseignées à l’école, que ce soit en première ou en deuxième langue. la réussite reste beaucoup trop souvent liée à l’origine sociale ou au genre.
Cette même année est introduit le Plan de Rénovation de l’Enseignement des Langues. L’enseignement de l’école primaire en 2007, puis du lycée en 2010, est désormais adossé au Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL)
L’évaluation, qualifiée de « positive » propose de valoriser ce que l’élève réussit plutôt que de pénaliser ses erreurs.
Le socle commun de connaissances, de compétences et de culture, rénové en 2016, inclut l’apprentissage des langues dans le domaine 1 des langages. Depuis 2016, l’enseignement d’une première langue étrangère commence en CP, celui d’une deuxième langue en cinquième.

NOUS AVONS A NOTRE DISPOSITION DES OUTILS TECHNIQUES ET UNE POLITIQUE CITOYENNE ET HUMANISTE

Le pari politique de l’organisation internationale est que des sociétés multilingues et multiculturelles sont les meilleures garantes de la démocratie. Les composantes d’une activité de médiation entre les langues. L’élève est défini avant tout comme un futur citoyen porteur d’un bagage culturel et langagier qu’il enrichit en passant d’une langue à l’autre, en s’appuyant sur l’une pour apprendre l’autre.
En 2006, l’adoption d’une démarche dite inter-langues aide à la construction du sentiment d’appartenance

LE POINT DE VUE D’ALEX TAYLOR, FONDÉ SUR LES OBSERVATIONS DE COURS DE LANGUES DURANT CETTE MISSION

La France a fait énormément de progrès dans sa façon d’enseigner les langues mais il reste une culture de l’erreur qui empêche de prendre des risques. En effet, nous avons constaté, en France nettement plus que dans d’autres pays, qu’il manque aux élèves la confiance pour s’exprimer de manière générale.
L’enthousiasme des professeurs et des élèves est également enrayé par un flou autour de la notion de programme. Ce flou se ressent notamment au niveau du rôle de la grammaire.

LE MULTILINGUISME, UN CHOIX POLITIQUE, DES FONDEMENTS SCIENTIFIQUES

Les travaux des chercheurs concordent en effet pour montrer que les langues n’entrent pas en concurrence les unes avec les autres, mais qu’au contraire elles s’enrichissent mutuellement car les compétences acquises sont transférables d’une langue à l’autre.

LE REGARD DES ENSEIGNANTS SUR LEUR MÉTIER

Recommandations

Intégrer dans le parcours de formation des enseignants du premier degré et de disciplines dites non linguistiques une période de mobilité dans le pays de la langue étudiée.
Prendre en considération la demande des enseignants de plafonner les effectifs à 20 élèves en terminale.
L’objectif essentiel au lycée est de conforter la compétence orale des élèves en seconde et de les amener à acquérir et consolider, en cycle terminal, leur compétence à l’écrit.
L’objectif premier est d’aider les enseignants, par un langage clair, une rédaction plus directement indicative, des repères de progressivité explicites, des conseils concrets pour construire leur enseignement et leurs modes d’évaluation, ainsi que des
La grammaire fait peur. Après 35 minutes consacrées à de la production orale avec travail en groupe, les 10 dernières minutes de chaque cours sont systématiquement consacrées à une explication par écrit des éléments appris.
L’une des raisons principales du retard pris dans l’enseignement de l’anglais en France résulte du fait que l’on n’enseigne pas du tout le rythme très spécifique de cette langue, rythme qui est diamétralement opposé à celui du français.
Délivrer une attestation de niveau au baccalauréat.
Développer les certifications.
Rompre la solitude du professeur dans la classe : encourager le travail en réseaux ; lever les obstacles aux échanges européens entre enseignants.
Impulser les innovations et valoriser les expérimentations qui fonctionnent : écrire des livres et des poèmes, créer des clubs de théâtre, préparer des débats, organiser des concours de chants ou d’improvisation, faire venir dans l’école des spécialistes de sujets scientifiques, techniques, ainsi que des auteurs, à l’instar des nombreuses initiatives existantes qui méritent d’être mieux connues et partagées.
En primaire et au collège, réaménager les horaires pour des séances moins denses mais plus fréquentes : 15 à 20 minutes par jour dans le premier degré, cinq séances de 45 minutes en sixième ; à partir de la cinquième, quatre séances hebdomadaires de 45 minutes en langue vivante 1. Aligner autant que possible les horaires de langue vivante 2.
Au lycée, prolonger les heures de cours par des activités d’exposition à la langue : théâtre, chorale, échanges linguistiques et stages intensifs.
parcours.
Développer les échanges avec les locuteurs natifs : réels et virtuels Erasmus+/e-Twinning.